Le Cavalier d'artillerie
Extrait d'un profil du château de Caen réalisé en 1800 montrant la terrasse d'artillerie. SHAT Vincennes.
Les progrès apportés à l'artillerie à poudre pendant la guerre de Cent-Ans ont été considérables et les châteaux forts ont perdu de leur efficacité défensive, les épais remparts n'étant désormais plus assez résistants à l'impact des boulets. Le château de Caen n'échappe pas à la règle et Francois de Silly, Bailli de la ville à partir de 1503 décide de renforcer les murailles de la forteresse en amassant d'énormes talus de terre le long des remparts, à l'intérieur du château.
Dans l'angle Nord-Ouest de la cour castrale, là où existe une différence de hauteur entre le flanc nord et le flanc ouest du rempart, un mur de terrassement a été aménagé vraisemblablement pour contrer la faiblesse évidente du système défensif à cet endroit. Cette partie du rempart avait d'ailleurs été gravement endommagée, pendant la guerre de Cent-Ans, par les intenses bombardements d'une compagnie anglaise stationnée aux abords de l'église Saint-Julien toute proche.
Le talus de terre, contenu par ce mur et le rempart nord, a vu son sommet aménagé en terrasse pour y installer des canons de type couleuvrines bâtardes, dont de nombreux exemplaires sont conservés au Musée de l'Armée. Une rampe aménagée en pente douce autorisait l'accès de ces canons à la terrasse d'artillerie.
La courtine qui avait été appliquée au rempart nord au cours du XVe siècle, déjà dans un souci de confortement de la construction, a été à cette occasion, entièrement ensevelie sous le talus ainsi que les portes qui permettaient d'accéder aux chambres de tir des tours.

La terrasse d'artillerie sur un plan du Génie de 1754. SHAT Vincennes. |

Extrait du plan du château de Caen levé en 1789, montrant la terrasse d'artillerie. SHAT Vincennes. |

Extrait d'un plan du Génie de 1800. SHAT Vincennes. |