Les abords du château
Malgré l'importance de la forteresse, la perception qu'elle offre depuis l'extérieur est très souvent limitée à des vues latérales, avec très peu de recul. Aucun élément n'émerge de l'enceinte si ce n'est, du côté sud, le Musée de Normandie, implanté partiellement sur la courtine.
Au nord, l'Université est implantée selon un plan orthogonal rigoureux dont l'axe majeur est prolongé par l'Esplanade de la Paix, aujourd'hui parc de stationnement désaffecté, depuis lequel on ne perçoit presque pas le château.
Ce lieu devra être réorganisé en décomposant l'espace occupé par l'esplanade en deux espaces distincts mais progressifs, l'un étant dans le prolongement direct de l'Université, l'autre formant transition vers le cadre plus naturel du château. Les remblais récents, les aménagements paysagers et haies de thuyas qui encombrent la contregarde devront être supprimés afin de permettre la découverte des vestiges de la courtine nord du donjon depuis l'extérieur de l'enceinte.
Avant les bombardements de 1944, la rue de Geôle, située à l'ouest du château, était assez étroite et bordée des deux côtés de maisons qui ont été démolies après 1945. La rue de Geôle a alors pris un caractère routier très affirmé avec ses quatre files de voitures et son tracé aux courbes amollies.
Le projet en cours, de transport collectif en voie réservée, devrait prochainement modifier le tracé de cette rue, en tenant compte des orientations des projets liés à la mise en valeur du château, car les rapports d'échelle entre le château et le tissu urbain posent de ce côté énormément de difficultés.
L'espace situé entre la rue et le château mériterait d'être aménagé, afin de dissimuler le parc de stationnement existant actuellement le long de la rue par un mur de soutènement, et de marquer au sol la structure du quartier ancien qui existait jusqu'en 1945. Le fossé, révélé par des sondages archéologiques, serait légèrement recreusé afin de permettre la promenade des piétons au pied du rempart.
Au sud, et avant les bombardements, les îlots d'habitation venaient jusqu'au bord des fossés. Cet endroit a aujourd'hui pris l'aspect d'un jardin public en forte pente avec des plantations qui génèrent des espaces mal adaptés à une bonne perception du château et de son accès principal.
Le projet propose de recadrer cet espace en se référant au maximum à l'histoire du quartier qui l'occupait jusqu'en 1945 : restitution du parvis de l'église Saint-Pierre et de la placette de dégagement devant la barbacane, élimination de toute végétation haute, marquage au sol des bâtiments détruits.
La réalisation d'un ascenseur, montant depuis les fossés à la placette devant la barbacane, pourrait permettre aux personnes à mobilité réduite d'accéder au château depuis le parc de stationnement de la rue de Geôle ou depuis le parking sous dalle.
L'avenue du 6 juin est le seul endroit d'où le château peut être vu de loin, il est donc proposé de la prolonger visuellement par une montée pavée vers la barbacane Saint-Pierre.
Sur le front est, l'aspect original défensif du château fort est le mieux mis en valeur, grâce à la conservation de la courtine, des tours et de la porte à pont-levis. Aucune modification n'est proposée de ce côté, outre la restauration de la seule tour non traitée dans les années 50, le calibrage du fossé de la barbacane de la porte des Champs et le rétablissement du pont-levis.
Le parc de stationnement existant près de la barbacane sera réaménagé pour accueillir les cars de tourisme, privilégiant ainsi la découverte touristique du château depuis le front est. A terme, si les besoins de stationnement se précisent en fonction de l'activité culturelle du site, l'aménagement d'un parc de stationnement sous dalle, dans l'îlot non construit au sud de la barbacane des Champs, pourrait offrir 200 places sans autre modification de l'aspect actuel. Ce parc de stationnement pourrait être directement relié au château par un ascenseur placé dans le volume de la seul tour restant à restaurer.
De manière générale, le stationnement des véhicules est organisé à l'extérieur de l'enceinte, à l'exception d'un petit parc de stationnement de proximité pour les clients du restaurant, imposé par le programme, et dissimulé sous les arbres existants le long du rempart est au nord.
Parallèlement à ce schéma directeur de conservation et de mise en valeur du château de Caen, des études annexes de documentation et de recherches archéologiques ont été organisées et sont appelées à être poursuivies.